Thucydide

Cliquez sur l'image pour un gros
plan
Liens internet
Biographie
Texte
de la Guerre du Péloponnèse (en anglais)
Sur la pensée de Thucydide:
Thucydide
Sur la Guerre du Péloponnèse:
The
Peloponnesian War
An
interactive view of the Peloponnesian War
La
Guerre du Péloponnèse
Données biographiques
- (-470/460 à -400/-395) Historien grec. Contemporain
d'Hérodote.
- Thucydide est devenu célèbre à travers
son Histoire de la Guerre du
Péloponnèse.
Histoire de la Guerre du Péloponnèse
Importance de cet ouvrage
- Thucydide fait le récit de la Guerre du
Péloponnèse.
- La raison pour laquelle ce récit est devenu un
classique tient à la philosophie qui l'animait.
- Plus qu'un simple récit, l'Histoire de la Guerre du
Péloponnèse en est une analyse: Thucydide tente
d'identifier les présupposés et les causes de la
Guerre, il tente de mettre en relief les mobiles, raisons et la
psychologie des acteurs de la Guerre. Enfin, il tente de
conférer un caractère paradigmatique à cette
Guerre, pointant ainsi vers une philosophie politique.
- Une telle analyse exigeait une scrupuleuse exactitude quant
à la documentation.
Quelques passages
1. L'archéologie (I. I-XIX):
L'Histoire de la Guerre du Péloponnèse commence
par une réflexion sur la "préhistoire" de la Guerre du
Péloponnèse, c'est-à-dire les circonstances qui
ont précédées et menées à la
Guerre du Péloponnèse. Cette première partie a
reçu le titre d'archéologie
(archéo-: ancien, originaire;
-logie: réflexion).
Structure
(1:)
- Temps primitifs de la Grèce
(2-19:)
- Faiblesse économique, politique et militaire des Grecs
d'autrefois
- Les migrations
- Minos
- La piraterie
- La guerre de Troie
- Stabilisation des populations
- Puissance de Corinthe
- Développement du commerce et de la recherche
- Les premières trières
- Les tyrannies
- Les guerres médiques
- Début du conflit entre Sparte et Athènes
2. La méthodologie
(I. XX-XXII): Thucydide y expose aussi sa "méthodologie",
c'est-à-dire sa méthode de recherche historique
fondée sur la raison et la critique.
(20-22:)
- La méthode historique
- L'esprit critique
- Recherche de la vérité; utilité pour la
postérité
3. La cause la plus vraie (I.
XXIII): Sa méthodologie lui a permis de formuler une
thèse réaliste quant à la cause de la
Guerre.
4. Discours des
Athéniens devant l'assemblée des
Lacédémoniens (I. LXXIII-LXXVIII): Les ambassadeurs
athéniens formulent la célèbre thèse du
réalisme.
5. Oraison funèbre (II.
XXXV-XLVI) et Discours de
Périclès lors de la peste (II. LX-LXIV):
- C'est l'empire, oeuvre contemporaine, confère à
Athènes sa gloire actuelle
- Les Athéniens sont des maîtres dignes et
méritent l'empire grâce à leur ethos et leur
régime politique: la démocratie.
- Les Athéniens sont condamnés à l'empire:
si elle ne s'agrandit pas, elle se condamne à la
servitude.
- Pour le réalisme, on est libre ou esclave. L'entre-deux
est précaire.
6. Dialogue mélien (5.
84-116):
- Célèbre épisode de la Guerre qui
décrit des pourparlers de capitulation
- Les Athéniens avaient posé la condition que les
discussions ne porteraient que sur le salut des Méliens,
non sur des questions de droit
- Ils ne veulent parler que d'intérêts
- Les Athéniens prétendent qu'ils veulent
simplement maintenir leur empire en ne tolérant aucune
exception à leur contrôle des mers.
- Ils rejettent l'offre des Méliens de conclure une
entente d'amitié et de coopération qui laisserait
ces derniers libres et neutre.
- Ils veulent être craint plutôt qu'aimé
- À tous s'applique la loi selon laquelle les plus
faibles sont soumis aux plus forts.
- Il n'y a pas de droit des peuples
- Les Athéniens croient suivre la loi de la Nature.
- Ironie: les Athéniens se sont trouvés dans la
même situation que le Méliens à la fin de la
Guerre du Péloponnèse, alors qu'il subissaient la
défaite contre les Lacédémoniens.
Thucydide en tant que philosophe politique
- Thucydide est souvent considéré comme un grand
philosophe politique
- De fait, il avait la prétention de léguer une
oeuvre qui serait utile à la postérité
- De par son importance, la Guerre du Péloponnèse
revêt un caractère paradigmatique
- Selon lui, son oeuvre ne servirait pas à la
prédiction comme telle, mais elle pourrait devenir une
source à partir de laquelle on pourrait puiser pour
prévoir l'avenir (parce qu'on ne peut se prononcer sur
l'avenir, qu'à partir d'information tirées du
passé)
- La nature humaine est telle, qu'elle est poussée
à de situations de cette sorte.
- Cette source doit prendre la forme d'un récit
fidèle des événements desquels il a
été témoin
- Si l'histoire a tendance à se répéter,
c'est parce qu'il existe une constance de la nature humaine
- Cependant, il n'y a pas de philosophie politique explicite
chez Thucydide, bien qu'il est possible d'en reconstruire une
à partir d'indications diverses.
Réalisme politique
- Le réalisme politique est une position moderne
développée par Hobbes.
- Ce dernier interprétait le politique en termes de
causes naturelles (désirs et passions causes des actions)
qui suivaient les lois de la nature (humaine).
- Il n'y a pas de place pour la liberté dans cette
interprétation.
- Le réalisme politique se résume, selon Robert
Gilpin (tiré de Constantineau, 1998, p. 104), à
trois principes:
- 1. Les relations entre États
revêtent un caractère essentiellement conflictuel.
Comme les acteurs sur la scène internationale sont les
seuls juges, l'anarchie étant la règle, c'est la
puissance militaire, et donc l'intérêt de
l'État ou de l'alliance la plus forte, qui l'emporte
dans les différends internationaux et qui, en
dernière instance, tranche les conflits. 2. Or, la
puissance est avant tout le pouvoir de disposer de ressources,
lesquelles ne sont pas en abondance infinie. Leur distribution
étant elle-même source de conflits à
l'intérieur des communautés, ce sont finalement
les communautés politiques qui en disposent. Ultimement,
donc, c'est entre États que de tels conflits, dont
l'enjeu est la puissance, sont menés. 3. Les
considérations de sécurité, et donc les
impératifs de la politique étrangère,
prennent le pas sur les questions de la politique
intérieure, c'est-à-dire sur les
intérêts particuliers des individus ou des groupes
à l'intérieur de l'État.
(Constantineau, 1998, p.
104)